Un cheval qui perd ses poils surprend souvent son propriétaire, surtout lorsque la chute paraît soudaine. Dans la grande majorité des cas, cette perte de poils correspond simplement à la mue. Le pelage se renouvelle au rythme des saisons. Pourtant, certaines chutes sortent nettement du cadre naturel. Une zone dépilée, des croûtes ou des démangeaisons intenses changent complètement la situation. L’enjeu consiste donc à distinguer une mue du cheval normale d’un véritable signal d’alerte. Cet article vous donne des repères concrets, saison par saison. Vous y trouverez les causes les plus fréquentes et les signes qui doivent inquiéter. Le bon moment pour appeler le vétérinaire est également précisé.
Cheval qui perd ses poils : quand est-ce normal ?
La chute de poils fait partie du fonctionnement normal du cheval. Son pelage s’adapte à la lumière et à la température extérieure. Ce n’est pas uniquement le froid qui déclenche la mue, mais surtout la durée du jour. La photopériode agit sur les hormones, qui commandent le renouvellement du poil. Un cheval perd ses poils ainsi au fil des saisons, sans être malade.
La mue du cheval au printemps
Dès la fin de l’hiver, les jours rallongent et le poil d’hiver commence à tomber. La mue du cheval au printemps se révèle souvent spectaculaire. Les poils s’accrochent aux brosses, aux couvertures et à vos vêtements. Un cheval qui perd beaucoup ses poils au printemps reste donc dans la normalité. La chute est diffuse, répartie sur tout le corps, sans zone lisse. En dessous, le nouveau poil apparaît progressivement. Le brossage élimine les poils morts et permet aussi de surveiller l’état de la peau.
La mue du cheval en automne
À l’automne, le mouvement s’inverse. Le poil d’été tombe et laisse place à un pelage plus dense. La mue du cheval en automne passe souvent davantage inaperçue. Elle se montre plus progressive et moins visible dans le box ou sur le tapis. Un cheval qui perd ses poils en automne prépare simplement son pelage pour affronter le froid. Chez les chevaux tondus ou couverts, ce cycle peut être modifié. La couverture limite notamment le développement du poil long, sans supprimer complètement la mue.
Pourquoi certains chevaux perdent-ils plus de poils que d’autres ?
Tous les chevaux ne muent pas de la même façon. L’intensité dépend de plusieurs facteurs, le plus souvent combinés. Un poney rustique au pré n’aura pas le même pelage qu’un cheval de sport vivant en box. Le renouvellement du pelage demande de l’énergie et des nutriments. Une alimentation déséquilibrée peut donc affecter la qualité du poil et la durée de la mue.
- La race et le type : les races rustiques développent un poil bien plus épais.
- L’âge : la mue peut devenir plus lente chez le cheval âgé.
- Le mode de vie : le pré, le box et le climat modifient le rythme.
- La tonte et la couverture : elles changent la pousse du poil d’hiver.
- Les apports alimentaires : minéraux et protéines influencent la qualité de la robe.
Comment reconnaître une perte de poils anormale chez le cheval ?
La question centrale reste simple : la chute est-elle diffuse ou localisée ? Une mue normale touche l’ensemble du corps de façon relativement homogène. Une perte de poils anormale dessine au contraire des zones précises, parfois asymétriques. La peau devient alors visible et peut présenter des lésions. Trois éléments doivent attirer votre attention : les plaques sans poils, les démangeaisons et les lésions cutanées.
Cheval qui perd ses poils par plaques
Un cheval qui perd ses poils par plaques n’est généralement plus dans le cadre d’une simple mue. On parle alors d’alopécie, c’est-à-dire d’une absence de poils sur une zone délimitée. Les plaques peuvent être rondes, ovales ou irrégulières. Leur bord, leur nombre et leur évolution donnent des indications utiles. Une zone dépilée qui s’agrandit en quelques jours mérite un avis vétérinaire. Notez également sa localisation, car celle-ci peut orienter le diagnostic.
Les démangeaisons : un signe à surveiller
Un cheval qui se gratte beaucoup envoie un signal à prendre au sérieux. Le prurit traduit une irritation de la peau et peut avoir différentes causes. Le cheval se frotte contre les murs, les clôtures ou les arbres. Il peut aussi se mordiller les flancs et taper du pied. Ce grattage arrache le poil et crée des zones lisses. La lésion visible n’est parfois que la conséquence du frottement. La cause peut notamment être un parasite, une allergie ou une affection cutanée.
Croûtes, rougeurs et lésions cutanées
L’état de la peau change tout dans l’interprétation. Sous une mue normale, elle reste souple, propre et d’aspect habituel. Des croûtes, des rougeurs ou des suintements signalent une atteinte cutanée. Une dermatite peut apparaître après une piqûre, un frottement ou une infection. Examinez délicatement les zones concernées, sans arracher les croûtes. Une peau chaude, épaissie ou douloureuse justifie un appel au vétérinaire.
Quand la perte de poils doit-elle inquiéter ?
Certains signaux sortent nettement du cadre de la mue saisonnière. Ils n’annoncent pas forcément une maladie de peau grave. Ils indiquent surtout qu’un examen vétérinaire peut être nécessaire. Voici les situations qui doivent vous alerter, seules ou associées entre elles.
- Une perte brutale de poils en quelques jours seulement.
- Des plaques circulaires qui s’étendent progressivement.
- Des démangeaisons intenses, avec des frottements répétés.
- Des croûtes, des suintements ou une peau enflammée.
- Plusieurs chevaux touchés dans la même écurie.
- Une récidive régulière, au même endroit et à la même période.
- Une chute de poils associée à un amaigrissement ou à une baisse de forme.
Les principales causes de perte de poils chez le cheval
Les causes sont nombreuses, mais quelques-unes reviennent très souvent. Les parasites externes figurent parmi les causes possibles. Viennent ensuite les infections cutanées, les allergies et les frottements liés au matériel. Une carence alimentaire peut également intervenir, même si elle n’explique pas la majorité des cas.
Les parasites externes
Les poux du cheval peuvent provoquer des démangeaisons marquées, notamment en fin d’hiver. On peut les retrouver à la base des crins, dans la crinière et sur l’encolure. Ils se transmettent facilement entre chevaux, par contact ou par l’intermédiaire du matériel. Les acariens touchent plutôt les membres, notamment chez certaines races à fanons. La gale du cheval peut également provoquer des démangeaisons et une perte de poils. Un cheval qui se gratte et perd ses poils doit donc être examiné attentivement.
La teigne chez le cheval
La teigne est une infection cutanée due à des champignons microscopiques. Elle peut provoquer des plaques rondes et dépilées, parfois accompagnées de fines croûtes. Les démangeaisons restent souvent modérées. La teigne du cheval peut toucher les animaux de tout âge et se transmet entre chevaux, mais également à l’homme. Le diagnostic repose sur l’examen vétérinaire et peut être complété par des examens spécifiques. Ne traitez pas seul une suspicion de teigne, car le matériel doit également être nettoyé et désinfecté.
La dermite estivale récidivante
La dermite estivale est une réaction allergique aux piqûres de petits insectes, notamment des culicoïdes. Elle revient généralement chaque année, du printemps jusqu’à l’automne. Le cheval se gratte violemment la crinière, la queue et parfois la ligne du dos. Les crins cassent, la peau s’épaissit et des croûtes peuvent apparaître. Cette allergie aux insectes ne se guérit pas définitivement, mais elle peut être prise en charge. La protection contre les insectes reste essentielle, notamment grâce à une couverture adaptée et à des produits répulsifs appropriés.
Les frottements et les irritations
Un matériel mal ajusté peut user le poil et irriter la peau. Une selle mal adaptée peut créer des zones dépilées au niveau du garrot. Un tapis sale ou rigide peut irriter la peau à chaque séance. Une couverture trop étroite peut frotter au niveau des épaules et du poitrail. Le licol peut également provoquer des frottements lorsqu’il est mal ajusté ou laissé trop longtemps. Ces pertes de poils sont souvent nettes et situées sous les zones de contact avec l’équipement.
Une alimentation déséquilibrée
Le poil se forme à partir des nutriments apportés par l’alimentation. Une carence en zinc ou en cuivre peut notamment affecter la qualité de la robe. Les protéines, les acides gras et certaines vitamines jouent également un rôle. Un poil terne, cassant ou qui repousse lentement peut orienter vers un déséquilibre alimentaire. Attention toutefois aux conclusions trop rapides. Un complément alimentaire ne remplace jamais une ration correctement équilibrée.
Certaines maladies peuvent-elles provoquer une perte de poils ?
Oui, mais ces situations restent moins fréquentes. Un trouble hormonal peut modifier le pelage, notamment chez le cheval âgé. Le syndrome de Cushing en constitue un exemple connu. Il peut notamment provoquer un poil long et bouclé qui tarde à tomber au printemps. D’autres dermatoses existent, parfois liées au soleil ou à des réactions immunitaires. Seul un diagnostic vétérinaire permet de déterminer la cause exacte.

Cheval qui perd ses crins : faut-il s’inquiéter ?
Les crins ne suivent pas exactement le même cycle que le poil. Ils poussent lentement et ne tombent généralement pas en masse. Une perte de crins signale donc souvent un problème mécanique ou cutané. Le grattage, les frottements et les parasites expliquent de nombreux cas. Une repousse complète demande souvent plusieurs mois de patience.
Cheval qui perd ses crins de la crinière
Un cheval qui perd sa crinière se gratte généralement contre un support. On retrouve alors des crins cassés, de longueurs très inégales. Un licol trop serré ou une chemise mal ajustée peuvent produire le même résultat. La dermite touche également cette zone en priorité. Observez la peau sous les crins, en écartant délicatement les mèches. Des croûtes à la base peuvent orienter vers une cause infectieuse ou allergique.
Cheval qui perd les crins de la queue
Une queue clairsemée trahit souvent un grattage régulier. Le cheval se frotte contre la porte du box, un arbre ou une clôture. Les oxyures, des parasites internes, peuvent provoquer des démangeaisons autour de l’anus. La dermite estivale atteint également le haut de la queue. Vérifiez enfin l’absence d’irritation locale. Une gêne pousse le cheval à se frotter de manière répétée.
Que faire si son cheval perd ses poils ?
La démarche tient en quelques étapes simples. L’objectif n’est pas de poser un diagnostic vous-même. Il s’agit de rassembler des observations utiles, puis d’agir sans précipitation. Cette méthode vous fera gagner du temps. Elle évite surtout les traitements inutiles ou mal ciblés.
Observer la peau et l’évolution
Commencez par regarder avant d’appliquer le moindre produit. Notez la localisation exacte des zones concernées. Mesurez grossièrement leur étendue ou prenez des photos datées. Regardez si la peau paraît rouge, croûteuse, épaissie ou parfaitement normale. Reprenez les mêmes photos quelques jours plus tard. Cette comparaison permet de voir clairement si la situation progresse ou se stabilise.
Brosser régulièrement son cheval
Le brossage reste l’outil le plus simple pendant la mue. L’étrille américaine aide à décoller les poils morts. Un bouchon puis une brosse douce terminent le travail. Ce moment permet aussi d’inspecter la peau. Nettoyez régulièrement vos brosses, car elles peuvent transporter des parasites et des champignons. En cas de suspicion de teigne, utilisez un matériel séparé pour le cheval concerné.
Vérifier le matériel et l’environnement
Le matériel peut expliquer une partie des pertes de poils localisées. Passez en revue la selle, le tapis et la sangle. Vérifiez l’état des couvertures, notamment leur doublure intérieure. Contrôlez enfin le box, le paddock et les clôtures.
- Lavez les couvertures régulièrement et selon leur état.
- Faites contrôler l’ajustement de la selle par un professionnel.
- Utilisez des tapis propres et adaptés à la morphologie du cheval.
- Retirez le licol au pré et au box dès que possible.
- Éliminez les aspérités dans le box et le long des clôtures.
Ne pas appliquer n’importe quel produit
C’est probablement le point le plus important de cet article. Certains produits peuvent aggraver les lésions au lieu de les soigner. Les huiles essentielles pures peuvent notamment irriter une peau déjà fragilisée. Les crèmes humaines ne sont pas conçues pour la peau du cheval. Un antiparasitaire appliqué sans diagnostic peut également être inadapté. Demandez conseil au vétérinaire avant tout traitement spécifique.
Quand consulter un vétérinaire ?
Un simple doute peut suffire pour décrocher le téléphone. Une consultation évite des semaines d’essais inefficaces et permet surtout d’identifier la cause. Le vétérinaire dispose de différents outils : raclage cutané, examen des poils ou autres examens complémentaires selon les symptômes. Ces examens permettent notamment de rechercher des parasites, des champignons ou une maladie sous-jacente.
- La perte de poils est importante ou très rapide.
- Elle apparaît par plaques nettes et bien délimitées.
- Le cheval se gratte au point de se blesser.
- La peau présente des croûtes, des rougeurs ou des suintements.
- Les lésions s’étendent malgré vos premières mesures.
- Plusieurs chevaux de l’écurie sont touchés en même temps.
- Une teigne est suspectée, en raison du risque de contagion.
- Le problème récidive chaque année à la même période.
- Le cheval montre d’autres signes, comme un amaigrissement progressif.
Comment prévenir les problèmes de peau et la perte de poils ?
La prévention repose sur des gestes réguliers, pas sur des produits miracles. Un entretien attentif permet de détecter les problèmes tôt. Une hygiène correcte du matériel limite notamment les risques de transmission. Une ration équilibrée contribue également à maintenir la qualité du pelage.
- Brossez votre cheval régulièrement, surtout pendant les périodes de mue.
- Inspectez la peau sous la crinière, le ventre et la queue.
- Nettoyez tapis, sangles et couvertures à intervalles réguliers.
- Installez une protection contre les insectes dès le printemps.
- Faites vérifier l’ajustement de la selle régulièrement.
- Adaptez la ration aux besoins réels de votre cheval.
- Isolez tout nouveau pensionnaire avant son intégration si les conditions sanitaires le justifient.

Conclusion : votre prochaine étape
Un cheval qui perd ses poils est le plus souvent un cheval en pleine mue. La distinction se joue sur trois points : la répartition, l’aspect de la peau et les démangeaisons. Une chute diffuse rassure, tandis qu’une plaque nette doit alerter. Prenez quelques minutes cette semaine pour inspecter votre cheval de près. Photographiez chaque zone suspecte, puis surveillez son évolution. Si elle s’étend ou s’accompagne de lésions, appelez votre vétérinaire sans attendre.
Sources
vetostore : https://www.vetostore.com/nos-conseils/comment-debarrasser-votre-cheval-des-teignes.html
Vos questions fréquentes
Pourquoi mon cheval perd-il beaucoup ses poils ?
Dans la plupart des cas, il s’agit simplement de la mue saisonnière. Elle reste diffuse, touche une grande partie du corps et laisse une peau saine. Si la chute crée des zones lisses ou s’accompagne de démangeaisons, la cause peut être différente. Une consultation s’impose alors, surtout en présence de lésions.
Comment savoir si mon cheval mue normalement ?
Une mue normale demeure homogène et progressive sur l’ensemble du corps. Les poils se détachent en touffes, mais la peau dessous paraît saine. Le cheval ne se gratte pas davantage que d’habitude. Le nouveau poil apparaît progressivement au fur et à mesure du renouvellement du pelage.
Pourquoi mon cheval perd-il ses poils par plaques ?
Les plaques peuvent évoquer une teigne, des parasites ou un frottement lié au matériel. Une allergie peut également créer des zones dépilées bien délimitées. La forme, l’aspect et l’évolution des lésions orientent le diagnostic. Seul un vétérinaire peut confirmer la cause avec certitude.
Mon cheval se gratte et perd ses poils : que faire ?
Inspectez d’abord la peau, la crinière et la base de la queue. Cherchez des parasites, des croûtes ou des traces de frottement. Vérifiez également le matériel et l’environnement. Si le grattage persiste ou si des lésions apparaissent, demandez rapidement un avis vétérinaire.
Pourquoi mon cheval perd-il ses crins ?
Les crins tombent rarement sans cause identifiable. Le grattage contre un support peut les casser à la base. La dermite estivale et les parasites expliquent de nombreux cas. Un licol ou une chemise mal ajustés peuvent également provoquer des frottements. La repousse peut ensuite demander plusieurs mois.
La teigne fait-elle perdre les poils du cheval ?
Oui, la teigne provoque typiquement des plaques rondes et dépilées. Les démangeaisons restent parfois modérées, ce qui peut tromper les propriétaires. Cette infection est contagieuse, entre chevaux et potentiellement vers l’homme. Un traitement adapté et une désinfection du matériel sont nécessaires.
Quand faut-il consulter un vétérinaire pour une perte de poils ?
Consultez dès que la chute devient localisée ou très rapide. Les croûtes, les rougeurs et les démangeaisons intenses justifient également un examen. La contagion possible aux autres chevaux impose aussi une réaction rapide. Un doute persistant suffit à motiver un appel au vétérinaire.















