Le galop 6 marque un cap réel dans la progression du cavalier. On ne parle plus seulement d’exécuter des exercices : on commence à comprendre pourquoi on les fait. La mise sur la main, le contre-galop, le travail à pied, les enrênements, les pathologies courantes du cheval : le programme s’élargit significativement. Le niveau d’exigence aussi.
Entre le galop 5 et le galop 6, beaucoup de cavaliers décrivent une sensation de saut qualitatif. Pas parce que les exercices sont soudainement impossibles, mais parce que la compréhension attendue change.
On ne se contente plus d’appliquer des aides : on doit savoir expliquer ce qu’on fait, pourquoi le cheval réagit ainsi, et comment adapter son travail en conséquence. C’est là tout l’enjeu du galop 6.
Dans ce guide, on passe en revue le programme officiel FFE, les figures spécifiques de la reprise de dressage, les exigences en CSO et en cross, la théorie incontournable, et les clés concrètes pour se préparer sereinement.
Dans cet article :
- Ce qui change réellement entre le galop 5 et le galop 6
- Le programme officiel FFE : plat, travail à pied, soins
- La reprise de dressage Club 2 Grand Prix : figures et lecture
- L’extension d’encolure : pourquoi c’est l’exercice-clé du dos
- Le CSO à 80 cm et le cross en terrain varié
- La théorie : maladies, enrênements, psychologie équine
- Gérer le stress le jour de l’examen et les erreurs à éviter
Le galop 6, c’est quoi exactement ?
Le galop 6 correspond globalement au niveau Club 2 dans la progression technique FFE. C’est un niveau intermédiaire avancé, situé entre le galop 5, associé au niveau Club 3, et le galop 7, associé au niveau Club 1 et à l’accès aux épreuves Club Élite.
Dans la progression des galops de cavalier, il est souvent décrit comme le premier niveau où la technique doit s’accompagner d’une vraie compréhension théorique.
On peut passer le galop 6 à partir du moment où on est titulaire du galop 5. Il n’y a pas d’âge minimum officiel, mais le niveau technique attendu suppose généralement plusieurs années de pratique régulière. La progression reste conditionnée à la maîtrise du niveau précédent, évaluée par le club.
Ce qui change vraiment par rapport au galop 5
Au galop 5, on travaille la cession à la jambe, les obstacles jusqu’à 70 cm, et les premières notions de biomécanique. Au galop 6, l’exigence monte sur plusieurs plans simultanément.
La mise sur la main devient une compétence centrale. Le contre-galop s’ajoute aux figures de la reprise. Le travail à pied prend une dimension nouvelle avec la longe et les longues rênes.
La théorie s’enrichit aussi substantiellement. Les enrênements, les principales pathologies équines, les mécanismes des allures défectueuses, la psychologie équine : tout cela fait partie du programme. Ce n’est plus de la mémorisation de fiches : on construit une culture équestre réelle.
| Domaine | Galop 5 | Galop 6 (nouveautés) |
|---|---|---|
| Plat | Cession à la jambe, départ au galop sur le bon pied | Mise sur la main, contre-galop, reculer |
| Dressage | Reprise Club 3 Grand Prix | Reprise Club 2 Grand Prix |
| Obstacles CSO | 70 cm, Club 3 | 80 cm, Club 2 |
| Cross / extérieur | Présent au galop 5 | Maintenu avec exigences accrues |
| Travail à pied | Bases | Longe et longues rênes |
| Théorie | Muscles, squelette, allures | Enrênements, maladies, psychologie équine |
Le programme officiel FFE du galop 6
Le programme du galop 6 s’organise autour de quatre grands domaines : la pratique montée, le travail à pied, les soins et connaissances pratiques, et la théorie. Tous sont évalués lors du passage. Aucun domaine n’est facultatif.
Pratique sur le plat : les exigences techniques
La pratique sur le plat au galop 6 exige une posture équilibrée dans les enchaînements, une mise sur la main aux trois allures et une incurvation sur les courbes. On ajoute le galop à faux sur au moins 20 m, les transitions galop-trot dans les deux sens, et le reculer.
La régularité des allures est le critère dominant à ce niveau. Les déplacements latéraux du galop 5 sont consolidés.
La mise sur la main mérite une attention particulière. Ce n’est pas un résultat qu’on obtient en tirant sur les rênes : c’est une conséquence d’une bonne impulsion, d’un dos actif et d’une main légère qui reçoit sans bloquer.
Au galop 6, on attend du cavalier qu’il sache créer cette mise sur la main, pas seulement la constater quand elle arrive par accident.
Le travail à pied : longe et mise en main
Mise en pratique au galop 5, le travail à la longe fait son entrée formelle au galop 6. Le cavalier doit savoir placer son cheval en cercle, gérer l’incurvation et doser la tension de la longe pour obtenir une impulsion vers l’avant sans précipitation.
Ce n’est pas un exercice accessoire : la longe révèle les déséquilibres que la selle masque parfois.
Travailler régulièrement à la longe avant le passage du galop 6 est l’une des meilleures façons de progresser rapidement en dressage. On voit le cheval se déplacer de l’extérieur, on comprend ses schémas de tension, ses raideurs latérales, ses habitudes. Cette compréhension se transpose directement en selle.
Vous devez également être capable de diriger un cheval aux longues rênes, au pas et au trot, et d’effectuer un changement de direction avec celle-ci.
Soins et connaissances pratiques
Au galop 6, les soins ne se limitent plus au pansage et à la vérification des pieds. On attend du cavalier qu’il sache reconnaître les signes de fatigue ou de stress, prendre les paramètres vitaux de base (température, fréquence cardiaque, fréquence respiratoire), et adapter les soins post-effort.
La maréchalerie fait aussi partie du programme : le cavalier doit connaître les étapes du travail du maréchal-ferrant et comprendre les enjeux de la ferrure selon l’usage.
Ces connaissances ne sont pas anodines. Un cavalier qui sait lire les signes de fatigue ou d’inconfort anticipe les blessures, adapte l’entraînement, et construit une relation sur l’observation réelle. C’est l’une des valeurs les plus concrètes du galop 6.
Données clés — galop 6
- Niveau correspondant : globalement Club 2 dans la progression technique FFE, étape avant les épreuves Club 1 / Club Élite
- Hauteur CSO : 80 cm, distances et combinaisons variées
- Reprise dressage : Club 2 Grand Prix FFE
- Contre-galop (galop à faux volontaire) : courbes d’au moins 20 m
- Travail à pied : longe et travail auxc longues rênes
- Cross : obstacles en terrain varié, adapté au niveau Club 2
- Théorie spécifique : enrênements, maladies courantes, psychologie équine
- Prérequis : titulaire du galop 5
- Constantes vitales au repos : FC 30-40 bpm, température 37,5-38,5°C, FR 12-20 mouvements/min

La reprise de dressage galop 6 : Club 2 Grand Prix
La reprise de dressage du galop 6 correspond à la reprise Club 2 Grand Prix FFE. Elle est notée puis convertie en pourcentage. Le jury évalue trois axes : s’équilibrer, avancer, tourner. Ce cadre d’évaluation dit l’essentiel : on ne cherche pas la virtuosité, on cherche la cohérence entre ces trois dimensions sur l’ensemble de la reprise.
Lire et mémoriser la reprise
Avant toute chose, mémoriser la reprise. Ça paraît évident, mais on voit régulièrement des cavaliers perdre plusieurs points sur une erreur de parcours qui aurait pu être évitée.
Le meilleur outil reste de marcher soi-même le tracé à pied dans la carrière, en nommant chaque mouvement à voix haute. Ce travail à sec grave la séquence dans la mémoire musculaire.
La reprise Club 2 Grand Prix comprend une entrée au trot assis, des cercles de 10 à 12 mètres au galop, une diagonale avec changement de rein au trot, un galop à faux sur une courbe, et des transitions multiples.
Ce n’est pas une reprise difficile dans son tracé, mais elle exige une régularité d’allure que beaucoup de cavaliers sous-estiment.
Le contre-galop et la mise sur la main
Le contre-galop sur 20 m est la figure qui piège le plus. Dès que le cavalier relâche la rêne extérieure ou laisse les hanches dériver, le cheval prend le bon pied de lui-même. C’est une réaction naturelle, pas une désobéissance.
La rêne extérieure ferme, sans bloquer, est la clé de tout.
La mise sur la main dans les transitions est l’autre point de vigilance. Un cheval qui met son nez en l’air dès qu’on ralentit signale soit un manque d’engagement de l’arrière-main, soit une main trop dure qui prive le cheval d’une rêne légère où s’appuyer.
Dans les deux cas, la solution passe par plus de jambe et moins de main. Toujours.
L’extension d’encolure : l’exercice-clé du travail du dos
L’extension d’encolure est l’un des exercices les plus utiles du répertoire équestre, et l’un des plus mal compris. On voit souvent des cavaliers laisser les rênes glisser jusqu’au bout en espérant que le cheval « descende ».
Ce n’est pas une extension d’encolure : c’est un cheval qui perd le contact faute de cadre. L’extension, c’est le cheval qui cherche la rêne, pas le cavalier qui l’abandonne.
Pourquoi l’extension d’encolure est fondamentale
Quand un cheval étire son encolure vers le bas et l’avant, il étire simultanément toute la ligne de dos. Les muscles du dos et des reins s’allongent, les postérieurs peuvent venir davantage sous la masse.
Les cavaliers de haut niveau en dressage considèrent souvent l’extension d’encolure comme un outil de décontraction et de musculation à la fois. Elle prépare le cheval à tout et révèle son état de décontraction réelle : un cheval tendu ne descend pas réellement, il se ferme plutôt qu’il ne s’étire.
Pour le cavalier de galop 6, l’extension d’encolure est à la fois un outil de détente en début de séance et un indicateur de qualité en cours de séance.
Si le cheval ne descend pas ou descend avec résistance, c’est une information précieuse sur son état de tension du moment. On reprend plus doucement, on travaille les transitions légères avant de redemander.
Comment la demander et l’enseigner
Il existe deux façons de demander l’extension d’encolure. La première consiste à avancer les mains vers l’avant et légèrement vers le haut, en amenant les coudes vers l’avant. La deuxième utilise la rêne intérieure en alternance tension-relâchement pour créer le même effet.
Dans les deux cas, dès que le cheval fait un effort vers le bas, on relâche et on récompense immédiatement. C’est ce renforcement positif qui crée le réflexe.
La progression recommandée commence à l’arrêt, puis au pas, au trot et enfin au galop. Ne pas brûler les étapes : un cheval qui ne comprend pas au pas ne comprendra pas au trot.
La patience à chaque étape est ce qui rend l’exercice fluide ensuite. La vidéo ci-dessous montre l’exercice commenté en temps réel, avec les aides du cavalier expliquées pas à pas.
Extension d’encolure : séance montée commentée
Dans cette vidéo, Alexis Kozma, instructrice et ostéopathe équin, présente l’extension d’encolure sur son cheval Chambord. Les deux méthodes de demande sont montrées, la progression recommandée expliquée, et les effets sur le dos et les abdominaux du cheval détaillés. Un complément pratique direct à la section technique du galop 6.
Le CSO au galop 6 : obstacles à 80 cm
Le CSO du galop 6 se présente sur des obstacles à 80 cm, avec des distances et des combinaisons variées, correspondant au niveau Club 2. À cette hauteur, les doubles à une foulée commencent à demander une vraie gestion des foulées entre les barres. Une allure irrégulière pénalise immédiatement les combinaisons.
Ce que le jury observe en CSO
Le jury ne regarde pas seulement si les barres restent en place. Il observe la fluidité du galop, la trajectoire sur le tracé, la gestion des virages et la qualité du contact.
Un cavalier qui arrive sur l’obstacle les mains hautes et les jambes vers l’avant ne donne pas une impression de maîtrise, même si le parcours est propre. Le niveau galop 6 en CSO demande un cheval équilibré et une allure construite. L’impulsion régulière avant tout.
Les changements de pied dans les courbes sont aussi évalués. Un parcours qui inclut des changements de direction successifs demande que le cavalier change de pied activement entre les lignes, pas qu’il attende que le cheval le fasse seul. C’est une compétence qui se travaille, pas un automatisme.
Travailler la régularité avant la hauteur
L’erreur la plus fréquente en préparation du galop 6 CSO, c’est de sauter directement à 80 cm pour se rassurer. C’est l’ordre inverse qu’il faut. On travaille d’abord la cadence régulière à 50-60 cm, les enchaînements avec des barres au sol, les virages précis avec changement de pied actif.
On n’ajoute la hauteur que quand tout le reste tourne. Dans cet ordre, les 80 cm arrivent naturellement.

Le cross et la pleine nature au galop 6
Le cross est présent dans le programme depuis le galop 5, mais les exigences s’affinent au galop 6. On attend du cavalier qu’il gère son cheval en terrain varié avec une réelle autonomie : adapter le galop aux changements de sol, aborder les obstacles naturels avec confiance.
L’adaptation est le mot-clé du cross à ce niveau.
Ce qui distingue le cross du CSO
En carrière, le sol est plat, la trajectoire prévisible. En cross, tout change. Une montée avant un obstacle modifie le point d’appel. Un sol meuble après la réception oblige à rééquilibrer rapidement.
Un fossé ou un obstacle avec de l’eau peut provoquer une hésitation même chez un cheval expérimenté. Ces situations sont normales : s’y être préparé à l’entraînement change tout le jour J.
La préparation concrète passe par des sorties régulières en extérieur avant l’examen. Pas forcément sur des parcours balisés : des promenades en terrain varié avec quelques franchissements naturels suffisent à habituer le cheval aux variations de sol et aux stimuli inhabituels. Un cheval confiant en extérieur est un cheval plus serein le jour de l’examen.
Le galop de pleine nature : spécificités
Le galop de pleine nature est une variante du galop 6 qui se passe entièrement en extérieur. Il remplace certaines épreuves de carrière par des épreuves en terrain naturel et inclut des notions spécifiques : orientation, gestion des allures, comportement en troupeau.
C’est un cursus différent, pas une version simplifiée. Les exigences théoriques sur la sécurité en extérieur y sont plus poussées.
La théorie du Galop 6 : les notions incontournables
La théorie du Galop 6 couvre plusieurs domaines qui sortent du cadre technique strict du travail à cheval. Ce sont des connaissances de fond, celles qui distinguent un cavalier qui « sait monter » d’un cavalier qui comprend réellement ce qu’il fait avec son cheval au quotidien. Ce sont aussi des connaissances utiles toute une vie de cavalier.
Les maladies et pathologies à connaître
Les principales pathologies au programme du galop 6 incluent les coliques (différents types, signes de gravité, conduite à tenir), les boiteries courantes, les problèmes respiratoires comme la BPCO ou la gourme, et les pathologies cutanées fréquentes.
On attend du cavalier qu’il sache reconnaître les signes d’alerte et décider quand appeler le vétérinaire, pas qu’il pose un diagnostic. La vigilance précède toujours le diagnostic vétérinaire.
Les tendons et les articulations font l’objet d’une attention particulière. Reconnaître un tendon chaud ou gonflé, savoir appliquer un bandage de soutien, comprendre le protocole RICE après une blessure légère (Rest, Ice, Compression, Elevation, inspiré de la médecine sportive) : ces gestes pratiques peuvent éviter qu’une blessure mineure devienne une blessure grave.
Les enrênements : utilité et réglementation
Le programme galop 6 exige de connaître les principaux enrênements, leur mode d’action et leurs effets sur la posture du cheval. Ce n’est pas une liste à mémoriser : c’est une compréhension qui permet de choisir le bon outil, ou de ne pas en utiliser du tout quand ce n’est pas nécessaire.
| Enrênement | Action principale | Usage recommandé | Risque si mal réglé |
|---|---|---|---|
| Chambon | Favorise l’abaissement de l’encolure et l’étirement du dos | Travail à la longe, musculation du dos | Encapuchonnement si trop serré |
| Gogue | Favorise l’abaissement de l’encolure et l’orientation de la nuque | Travail en selle ou à la longe, chevaux qui résistent vers le haut | Contrainte excessive, dos creux, raideur |
| Rênes fixes | Cadre latéral, ferme l’angle tête-encolure | Longe, débourrage, travail de l’équilibre | Fixité artificielle de la tête, résistances |
| Pessoa | Travail proprioceptif, engagement et équilibre global | Longe, travail du dos sur chevaux expérimentés | Confusion si le cheval ne connaît pas l’outil |
L’erreur fréquente, c’est de confondre enrênement et solution magique. Un chambon ne crée pas une mise en main : il encourage une posture qui, avec le travail, peut conduire vers elle. Un gogue ne remplace pas un vrai travail d’impulsion.
Ces outils amplifient un travail déjà juste, ils ne remplacent pas la technique. Le galop 6 attend de comprendre cette nuance.
Psychologie équine et méthodes d’apprentissage
La psychologie équine au galop 6 porte sur les modes d’apprentissage du cheval : renforcement positif, renforcement négatif, habituation, désensibilisation. Ces concepts permettent de comprendre pourquoi certaines méthodes fonctionnent et d’adapter son approche à chaque cheval individuellement. Chaque cheval apprend différemment.
La notion de renforcement négatif est souvent mal comprise. Elle ne signifie pas punir : elle signifie retirer une pression dès que le cheval donne la bonne réponse. C’est le mécanisme principal de l’équitation classique.
On met la jambe (pression), le cheval avance (bonne réponse), on retire la jambe (renforcement négatif). Comprendre ce mécanisme rend beaucoup plus attentif au moment du relâchement.

Le jour de l’examen : gérer le stress et bien se préparer
Le stress le jour d’un galop est réel. Même les cavaliers bien préparés peuvent se retrouver avec un cheval inhabituel, dans une carrière inconnue, face à un jury qu’ils n’ont jamais vu. C’est précisément ce que le galop 6 teste : la capacité à rester fonctionnel dans un contexte dépaysant.
Les erreurs les plus fréquentes le jour J
La première erreur, c’est de négliger la détente. On arrive stressé, on monte trop vite, on commence la reprise avec un cheval pas encore dans sa main. Le jury le voit immédiatement.
Une détente de 15 à 20 minutes, même sur un cheval inconnu, change tout. On commence par du pas rênes longues, on laisse le cheval prendre ses marques, on cherche le contact progressivement.
La deuxième erreur fréquente, c’est de vouloir corriger trop de choses à la fois. Dans la reprise, si une transition rate, on continue. On ne s’arrête pas, on ne regarde pas le jury. On continue proprement jusqu’à la prochaine figure. Un jury retient bien plus une reprise fluide avec quelques imperfections qu’une reprise hachée.
L’échauffement autonome : la compétence invisible
Au galop 6, l’échauffement autonome est une compétence souvent évaluée, pas un simple préalable. On vous regarde préparer votre cheval.
Un cavalier qui fait les mêmes exercices mécaniquement ne démontre pas l’autonomie attendue. Un cavalier qui adapte sa détente à ce qu’il sent sous lui montre qu’il a compris le cœur du niveau.
Le protocole de base reste le même : pas, rênes longues, trot progressif, galop de chaque côté, puis assouplissements et transitions ciblées. Mais, ce qui compte, c’est la lecture du cheval à chaque étape. La détente n’est pas un programme : c’est une conversation.
Erreurs fréquentes au galop 6 : ce qui fait perdre des points
- Dressage : erreur de parcours, perte du contre-galop à mi-courbe, mise sur la main absente dans les transitions
- Extension d’encolure : rênes abandonnées au lieu d’avancées, cheval qui s’échappe au lieu de chercher le contact
- CSO : allure irrégulière, absence de changement de pied actif en courbe, cheval précipité dans les combinaisons
- Cross : perte d’impulsion dans les montées, déséquilibre dans les descentes, cheval non préparé au terrain varié
- Travail à pied : longe trop tendue qui encapuchonne, absence d’impulsion vers l’avant
- Détente : trop courte, trop mécanique, sans lecture du cheval

Après le galop 6 : vers le galop 7
Le galop 7 est la suite directe du galop 6, et le plus haut niveau des galops fédéraux de cavalier classiques. La suite, ce sont les brevets fédéraux (BF1, BF2) et les compétitions de Club 1 et Club Élite.
Le galop 7 apporte l’épaule en dedans, la continuité du travail aux longues rênes, les transitions galop-pas directes, et une autonomie encore accrue. Le galop 6 construit les fondations de tout cela.
Un cavalier qui sort du galop 6 avec une vraie compréhension de la mise sur la main et de l’extension d’encolure aura une progression beaucoup plus fluide vers le galop 7 qu’un cavalier qui a juste appris à passer l’examen.
L’essentiel du galop 6 en un coup d’œil
- Correspond au niveau Club 2 dans les épreuves FFE
- Plat : mise sur la main aux 3 allures, contre-galop sur 20 m, reculer
- Reprise dressage : Club 2 Grand Prix FFE
- CSO à 80 cm, régularité et changement de pied en courbe
- Cross en terrain varié : adaptation, impulsion, confiance
- Travail à pied : longe avec mise en main
- Théorie : enrênements, maladies, psychologie équine, paramètres vitaux
- Extension d’encolure : outil central de décontraction et de musculation du dos
- Suite : galop 7, plus haut niveau des galops fédéraux classiques, puis brevets fédéraux
Le galop 6 : un niveau qui transforme la façon de voir son cheval
On passe le galop 6 avec des chevaux de club, dans des contextes variés, sur des reprises qu’on n’a peut-être jamais présentées en conditions réelles. C’est justement ce dépaysement qui donne sa valeur à cet examen. Il ne teste pas si on sait faire les choses chez soi. Il teste si on sait les faire ailleurs.
Ce qui ressort souvent du galop 6, c’est une transformation profonde dans la façon d’observer un cheval. On commence à voir les tensions là où on ne voyait que des refus. On commence à anticiper plutôt qu’à corriger. C’est peut-être la plus grande valeur ajoutée de ce niveau.
Parce que l’équitation, en fin de compte, n’est pas une série de compétences à cocher. C’est une façon d’être avec un cheval, de le lire, de l’accompagner, de construire quelque chose dans la durée. Le galop 6 n’est pas une fin. C’est le moment où cette façon d’être commence vraiment à prendre forme.
Image mise en avant : Ceskyfreund36 / Pixabay
Reprise de dressage en carrière : Peterpiaskowskipp / Pixabay
Travail à la longe en extérieur : Gy1610 / Pexels
Cross obstacle naturel : Theotherkev / Pixabay
Cavalières en balade extérieure : Getty Images / Unsplash
Sources
- 1
FFE — Programme officiel des Galops de cavalier — Fédération Française d’Équitation (2026) - 2
FFE — Programme des Galops de cavalier dressage 3 à 7 — Fédération Française d’Équitation (PDF officiel) - 3
IFCE / Équipédia — Principales maladies infectieuses du cheval — Institut Français du Cheval et de l’Équitation (2024)
Galop 6 : les questions fréquentes
Quelle est la hauteur des obstacles au galop 6 ?
Les obstacles en CSO sont à 80 cm au galop 6, correspondant au niveau Club 2. En cross, les obstacles sont de hauteur comparable mais en terrain varié, avec des contraintes d’environnement supplémentaires (sol, pente, franchissements naturels).
Quelle reprise de dressage pour le galop 6 ?
La reprise de dressage du galop 6 est la reprise Club 2 Grand Prix FFE. Elle inclut des transitions galop-trot, un galop à faux sur courbe, des cercles de 10 à 12 mètres et une mise sur la main maintenue sur l’ensemble du tracé.
Quelles sont les différences entre le galop 5 et le galop 6 ?
Le galop 6 ajoute la mise sur la main comme exigence centrale, le contre-galop sur au moins 20 m, le travail à la longe avec mise en main, les obstacles à 80 cm (contre 70 cm au galop 5), et des notions théoriques approfondies sur les enrênements, les maladies et la psychologie équine.
Peut-on passer le galop 6 sans avoir validé le galop 5 ?
Non. La progression FFE est séquentielle : chaque galop conditionne l’accès au suivant. Le galop 5 est le prérequis obligatoire du galop 6. La validation du niveau précédent est contrôlée par le club.
Quel âge pour passer le galop 6 ?
Il n’y a pas d’âge minimum officiel pour le galop 6 dans le règlement FFE. En pratique, les cavaliers le passent souvent entre 14 et 18 ans selon leur progression, mais des cavaliers adultes peuvent le présenter à tout âge. Le niveau technique prime sur l’âge.
Combien de galops peut-on passer par an ?
La FFE ne fixe pas de limite annuelle au nombre de galops passés. Les clubs organisent généralement les passages selon leur calendrier. La progression reste conditionnée à la maîtrise du niveau précédent, évaluée par l’enseignant responsable.
Que faut-il savoir en théorie pour le galop 6 ?
La théorie du galop 6 porte sur les enrênements (chambon, gogue, rênes fixes, Pessoa), les principales maladies du cheval et leurs signes d’alerte, la psychologie équine et les méthodes d’apprentissage, les allures défectueuses, et les soins post-effort incluant la prise des paramètres vitaux.
Le galop 6 est-il nécessaire pour enseigner l’équitation ?
Le galop 6 est souvent cité comme niveau minimum pour accéder à certaines formations. Pour le BPJEPS équitation, un niveau technique équivalent au galop 6 est généralement demandé, et le galop 7 reste vivement recommandé. Le galop 6 seul ne permet pas d’enseigner : il ouvre la voie aux formations d’encadrement, pas à l’enseignement direct.















